Étiquette : spiritualité

  • Du surhomme à l’homme éclairé

    En 1989, mon amie Catherine me présenta plusieurs messages. Elle m’expliqua les avoir reçus d’une entité prénommée Kumaël qui s’adressait à elle directement dans son esprit. Comme si, en somme, une petite voix intérieure les lui avait dictés.
    Autant vous dire que peu m’importe que leur contenu ne soit que l’expression de la pensée philosophique de notre amie dans ses dernières semaines d’existence terrestre, ou réellement la pensée d’une entité désincarnée parlant à travers elle. Le seul souhait que je formule en les publiant ici, est que ces messages éveillent notre sensibilité, et contribuent ainsi à notre enrichissement spirituel. Plus de 30 années plus tard, ils restent tellement d’actualité

    Thoty

    « Certains d’entre vous, influencés en cela par les discours des faux-maîtres, veulent transcender l’humain, c’est-à-dire s’élever au-dessus de leur condition d’hommes. Or, je vous ai dit que cela est une profonde erreur, et ce, pour plusieurs raisons. L’époque tourmentée dans laquelle vous vivez engendre sur votre terre les comportements les plus divers, et bien peu sont positifs. Je ne vais pas m’étendre sur l’analyse de ces attitudes, car là n’est pas mon propos. Sachez seulement que la tendance qu’ont certains à vouloir devenir des surhommes est peut-être l’attitude la plus dangereuse que vous puissiez adopter, et pas seulement parce qu’elle sous-tend un immense orgueil. C’est avant tout parce qu’elle implique la négation de la sensibilité, avec toutes les conséquences que cela suppose.

    Ne croyez pas que cette attitude, qui consiste à chercher à s’élever au-dessus de la condition humaine, soit le fait de quelques uns, ni qu’elle ne se rencontre que chez des dictateurs – potentiels ou non – ou des hommes qui ne recherchent que la domination de leurs semblables. Ce ne sont là que des cas extrêmes. Si je tiens à vous mettre en garde contre cette attitude, c’est justement parce que, en ces temps difficiles, elle se généralise de plus en plus, et sous le couvert des bonnes intentions, ce qui la rend encore plus insidieuse. Je ne m’adresse donc pas ici à l’homme assoiffé de pouvoir, mais à celui, sincère, qui va développer cette attitude en réponse à une situation de crise. La plupart du temps, comme je l’ai déjà dit, il sera influencé par un faux-maître, de ceux qui prônent le détachement. Nous avons vu en quoi le détachement est erroné, et je ne reviendrai donc pas là-dessus. Ce faux-maître, donc, va enseigner à ses disciples que l’évolution de l’homme doit passer par la transcendance de l’humain. Ainsi, cet homme, qui était sensible, va apprendre que la finalité de son évolution est la négation de sa sensibilité. Comment s’étonner alors qu’il devienne un monstre froid ? Le plus grave est qu’il va à son tour se poser en modèle pour le reste de l’humanité, pour tous ces « pauvres » hommes qui, eux, n’auront pas eu la chance d’être initiés. A ceux-là, qui souffrent encore, l’initié, devenu indifférent à la souffrance, répondra que l’homme est responsable de ses souffrances. Autrement dit, si vous souffrez, c’est parce que vous le voulez bien. Belle attitude de compassion de la part de celui qui se veut frère des hommes A ceux-là, qui cherchent encore, l’initié, emmuré dans ses certitudes, répondra que la Vérité est simple. Autrement dit, si vous ne l’avez pas encore trouvée, c’est parce que vous êtes moins évolués que moi. Faites comme moi, acceptez que je vous enseigne, et vous verrez comme les choses seront claires. Bel exemple d’humilité et d’intelligence de la part de celui qui se veut sage !

    Vous comprendrez sans doute pourquoi nous vous mettons tant en garde contre les faux-maîtres ; ils fabriquent des faux-maîtres à leur image qui, à leur tour… Et ainsi se propage un enseignement faux, qui prône le détachement, et son corollaire, l’acceptation. Parce que cet enseignement est lourd de paradoxes : il apprend à l’homme qu’il lui faut transcender l’humain, devenir un homme supérieur, plus sage, plus instruit, et en même temps, il exige de lui une obéissance et une passivité extraordinaires. Ainsi, ce qui semblait être une injustice à l’homme non-initié va devenir pour le « sage » une loi. On substitue ainsi à une révolte sage une acceptation folle. Donc, à ceux qui vous disent que la sagesse réside dans l’acceptation, répondez : « acceptation de quoi ? ». Accepter les lois divines, soit, mais encore faudrait-il les connaître. Et vous avez beaucoup d’idées fausses à ce sujet. Je vous dirai même que si l’homme le moins instruit n’en a qu’une connaissance assez imprécise, les faux-maîtres sont encore plus dans l’ignorance que lui. Et ce, parce qu’ils croient savoir, ce qui est pire que de ne pas savoir.

    Il ne faut pas pour autant penser que vous êtes réduits à l’ignorance. Pas du tout vous pouvez, comme je vous l’ai déjà dit, avoir une compréhension satisfaisante des lois cosmiques. Sachez simplement que la Connaissance est une recherche constante, vous vous en approcherez indéfiniment sans jamais l’atteindre. Il ne faut pas pour autant vous sentir misérables, cela est en effet aussi dangereux que de vous sentir grands. Pourquoi ? Et bien, parce que, si vous vous sentez misérables, vous chercherez tôt ou tard à vous grandir, à devenir des surhommes justement. Et nous avons vu quelles conséquences cela pouvait avoir. Vous devez au contraire accepter votre condition humaine, qui n’est pas misérable, c’est une profonde erreur de le croire. Certes, il existe dans l’univers des créatures plus évoluées que l’homme, mais vous avez, vous aussi, votre raison d ‘être. Si vous êtes incarnés sur terre, c’est pour vivre pleinement votre condition (humaine) d’hommes. Plutôt que de chercher à vous transcender vous-mêmes, ce qui est aussi vain que dangereux, il vous faut évoluer dans votre corps physique d’hommes. Vous avez en vous d’immenses potentialités, faites-les éclore. Développez votre sensibilité, votre conscience, ce sera une façon bien plus juste d’oeuvrer pour votre devenir, que de rechercher un état surhumain, que, de toute façon, vous n’atteindrez pas.

    Si vos faux-maîtres veulent vous conduire dans des impasses, refusez de les suivre. D’une manière générale, prenez toujours beaucoup de distance face à un enseignement, quel qu’il soit, même, et surtout, s’il revêt l’apparence de la vérité. Sachez que la vérité n’est jamais donnée mais se construit, patiemment, à force de réflexion. Les guides, que j’ai appelés êtres de lumière, sont là pour vous aider à avancer sur les voies de la Connaissance. Si vous savez les distinguer des faux-maîtres (et je vous ai déjà appris à le faire), vous pourrez beaucoup apprendre avec eux. Sachez les écouter, car la méfiance excessive n’est pas meilleure que la croyance aveugle, toutes deux sont des attitudes extrêmes qui vous freinent sur le chemin de l’évolution. Et rappelez-vous que les guides ne veulent pas vous amener à croire, mais à réfléchir. Ils préféreraient d’ailleurs ne pas intervenir, cela voudrait dire que vous avez atteint un état de sagesse satisfaisant, tel que vous pouvez continuer seuls votre apprentissage. Hélas, cela n’est pas encore le cas pour la majorité d’entre vous. Pourtant, le devenir de la terre appartient à l’homme, c’est à lui de construire un futur harmonieux pour lui-même et sa planète. Vous êtes la créature terrestre la plus évoluée, c’est donc à vous qu’il appartient de guider l’évolution de la planète. Plutôt que d’adopter une attitude transcendante, il vous faut donc devenir plus responsables.

    L’homme n’a pas été créé pour être mis sous tutelle, ce serait contraire au principe de liberté qui est une des lois universelles. Il possède toutes les qualités requises pour s’autogérer, L’homme est incarné sur terre parce que la fréquence vibratoire terrestre correspond à la fréquence vibratoire humaine. Sur d’autres planètes, d’autres intelligences sont apparues, qui ne sont pas humaines, qui correspondent à l’état vibratoire de ces planètes. La terre est donc le lieu d’incarnation de l’homme, c’est pourquoi il doit se préoccuper de son devenir, qui est indissociable de son propre devenir. Si la terre n’existait plus, l’homme non plus, car il n’est pas fait pour s’incarner ailleurs. Je tiens à vous éclaircir un peu à ce sujet, car vous risquez de mal interpréter ce que je vous dis. Si la terre venait à être anéantie et les hommes avec, je ne veux pas dire que vos âmes ne pourraient plus s’incarner. Non, mais elles s’incarneraient ailleurs, sur une autre planète, et vous ne seriez alors plus ce qu’il convient d’appeler des hommes, car une mutation se produirait dans vos corps physiques, mutation nécessaire pour vous adapter à la planète d’accueil.

    Mais l’extermination du genre humain n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais une volonté du plan divin, bien au contraire. C’est pourquoi les guides travaillent à votre sauvegarde, mais cette situation ne peut et ne doit être que transitoire. L’homme a toutes les possibilités pour s’autogérer. Ne prenez pas prétexte, comme vous le faites souvent, de vos limites pour vous comporter en irresponsables. Il vous est possible de construire un avenir harmonieux sur votre terre.

    Je vous invite à réfléchir à tout cela.

  • L’éveil à la sensibilité

    En 1989, mon amie Catherine me présenta plusieurs messages. Elle m’expliqua les avoir reçus d’une entité prénommée Kumaël qui s’adressait à elle directement dans son esprit. Comme si, en somme, une petite voix intérieure les lui avait dictés.
    Autant vous dire que peu m’importe que leur contenu ne soit que l’expression de la pensée philosophique de notre amie dans ses dernières semaines d’existence terrestre, ou réellement la pensée d’une entité désincarnée parlant à travers elle. Le seul souhait que je formule en les publiant ici, est que ces messages éveillent notre sensibilité, et contribuent ainsi à notre enrichissement spirituel. Plus de 30 années plus tard, ils restent tellement d’actualité

    Thoty

    « Lorsque vous vous éveillerez, et que vous porterez sur le monde le regard de celui qui a dormi trop longtemps, alors, vous serez étonnés d’y découvrir tant de beauté, d’harmonie, d’équilibre. Et vous serez encore plus surpris de voir que tout cela existe sur votre terre, car vous avez une fâcheuse tendance à toujours croire que le beau ne peut être terrestre. Lorsque vous vous éveillerez, demain peut-être, et que la pierre sera vivante, tout comme les rivières, ou le vent, ou chaque grain de sable, lorsque vous renaîtrez, dans cet immense océan de vie qu’est votre planète, alors, vous serez la pierre, vous serez la rivière, et le vent, et le sable. Vous aurez retrouvé ce lien qui vous unit à toute chose vivante, et vous ne ferez qu’un avec la Vie ; vous serez la Vie.

    Lorsque vous vous éveillerez, dans ce monde qu’il vous faudra encore apprendre, quelque chose aura éclos en vous. Quelque chose qu’il m’est très difficile de nommer, car aucune de vos langues ne pourrait le définir, mais que j’appellerai le sentiment du sublime, ou du sacré. Alors, vous serez sur la voie d’une pensée nouvelle, d’une approche différente de la réalité et donc d’un rapport plus juste avec le monde. Ce sera, pour l’humanité, l’émergence d’une nouvelle Conscience.

    Dès aujourd’hui, il vous faut tendre vers cet éveil, car c’est lui, et lui seul, qui peut vous sauver de vous-mêmes, de toutes les menaces que votre orgueil et votre folie destructrice font peser sur vous. Comment y parvenir ? Et bien, je vous ai déjà apporté des éléments de réponse. Je vous ai dit qu’il fallait vous attacher à développer en vous l’intelligence et la sensibilité. La sensibilité surtout, sans laquelle une vraie intelligence ne peut exister. La sensibilité est la qualité humaine la plus belle, puisque c’est elle qui vous permet de vous émouvoir, et par là de vous ouvrir. C’est elle qui permet la compréhension intuitive, qui est aussi la plus pure. Si vous pouvez éprouver pour vos semblables de la compassion, si vous pouvez vous émerveiller devant la beauté, si vous pouvez rechercher l’harmonie, c’est parce que vous êtes sensibles. Donc, efforcez-vous de devenir plus sensibles, et par conséquent plus réceptifs.

    Certains de vos faux maîtres vous disent qu’une trop grande sensibilité est un obstacle à la spiritualité, à un rapport juste avec le monde ; ils prônent le détachement. C’est là une grave erreur, car un homme détaché ne pourra jamais s’ouvrir vraiment ; il deviendra inhumain, insensible à la souffrance de ses semblables il ne pourra plus appréhender le monde qu’à travers un esprit froid. Il comprendra trop tard qu’il s’est coupé les ailes, qu’il a tué en lui ce qu’il y avait de plus sublime : la sensibilité.

    Il vous faut au contraire développer en vous ce qu’il y a de plus beau, ce qui vous rend humains, dans le sens positif du terme. Il est vrai que certains, influencés par les discours des faux maîtres, veulent transcender l’humain, je veux dire leur condition humaine ; c’est là une profonde erreur, et je reviendrai là-dessus ultérieurement.

    Ouvrez-vous, à l’Amour, à la Beauté, laissez éclore votre sensibilité, c’est elle qui vous permettra de répondre, de la façon la plus juste, à l’indifférence, ou à la haine. C’est elle encore, qui, vous révélant le sublime en vous, vous le révélera par là-même autour de vous. Vous porterez sur tout ce qui vous entoure un regard plein d’amour. Soyez contemplatifs, ce qui ne veut pas dire passifs, ressentez pleinement les êtres et les choses, c’est une façon de les aimer, et de les comprendre. Développez une connaissance sensible du monde. Vous vivez une époque instable, chaotique, lourde de menaces. Si vous voulez rétablir l’harmonie sur votre terre, il faut vous ouvrir à une conception du monde radicalement différente. Il est vain de changer de politique, de remplacer les dirigeants par d’autres, cela ne sert à rien; toute cette agitation est absurde. Vouloir changer la société est complètement caduc; c’est ce que vous faites depuis des siècles, est-ce que cela vous a apporté plus de justice et plus de bien-être ? Le changement social est bon, il est nécessaire dans cette époque tourmentée, mais il doit être la résultante d’une mutation profonde de votre conception du monde. Sinon, tout ce que vous pourrez dire ou faire sera vain.

    Cela est très important ; il vous faut vraiment le comprendre. C’est l’homme qui doit évoluer, retenez bien cela. Il ne vous faut pas rêver d’une nouvelle société, mais d’une nouvelle humanité. Sa naissance passe par l’éveil de chaque âme qui la compose. Donc éveillez-vous, et ouvrez votre coeur. Si tous les hommes qui se sont incarnés sur votre terre avaient été sensibles, si tous, avaient ressenti cette fusion avec le Cosmos, qui n’est que Vie, pensez-vous que vous en seriez où vous en êtes actuellement ?

    Je vous invite à réfléchir à tout cela. Puissiez-vous vous éveiller dès aujourd’hui.

  • Le côté obscur de l’éveil spirituel dont personne ne parle…

    Le côté obscur de l’éveil spirituel dont personne ne parle…

    Un texte transmis par Alan Watts qui m’a beaucoup interrogé.

    « Vous pensez devenir spirituel. Vous pensez dissoudre l’ego. Mais que se passe-t-il si l’ego se déguise en spiritualité ? Et si l’éveil était le dernier et le plus rusé des tours de l’ego ? L’ego n’est pas stupide. Ce n’est pas un méchant tapi dans l’ombre attendant d’être vaincu. Il est intelligent. Il est adaptable. Et lorsque vous vous engagez sur le prétendu chemin spirituel, l’ego vous accompagne souvent. Portant une auréole et parlant d’un ton calme et mesuré d’un sage autoproclamé, l’ego renoncera volontiers aux possessions matérielles si cela signifie qu’il peut se sentir supérieur à ceux qui les possèdent encore. Il jeûnera, méditera, chantera, tout en murmurant doucement : « Je suis plus pur que vous. » Le dernier déguisement de l’ego est spirituel. Il enfile des robes, adopte une voix sereine et déclare : « Je suis au-delà de l’ego. » Et dès l’instant où vous y croyez, vous êtes piégé, pris dans l’illusion même que vous pensiez avoir échappée.

    Mais ne réprimandons pas l’ego. Ce n’est pas un ennemi. Il fait partie du jeu. Considérez cela comme une représentation théâtrale. Vous venez au monde. Vous enfilez un costume. Vous prenez un rôle, peut-être celui d’un chercheur, d’un mystique, d’un quêteur de vérité, et vous le jouez si convaincamment que vous oubliez que vous jouiez. Le problème avec l’éveil, c’est qu’il soulève le rideau et vous montre que vous n’étiez jamais seulement l’acteur, ni même le spectateur, mais la pièce entière elle-même. Cela terrifie l’ego, car il prospère sur les limites. Il a besoin d’être quelqu’un allant quelque part pour devenir quelque chose. Et l’éveil déchire cette histoire. Lorsque l’ego commence à se dissoudre, une étrange panique surgit, une nausée existentielle profonde. Vous commencez à réaliser que tout ce que vous teniez pour sacré – vos croyances, vos codes moraux, votre identité – n’était qu’un échafaudage. Ils vous ont aidé à grimper. Mais maintenant, ils sont démantelés. Et sans eux, qui êtes-vous ?

    C’est ce dont la plupart des gens ne parlent pas. Le côté obscur de l’éveil n’est pas maléfique. C’est le vide. C’est la sensation de se tenir dans un néant où le soi était autrefois. La voix qui narrait votre vie commence à s’estomper, et il n’y a plus que le silence. Au début, ce silence semble paisible. Mais bientôt, il devient étrange. Vous réalisez que vous étiez accro non pas aux drogues, à l’argent ou même à l’amour, mais à vous-même, à l’histoire de vous. Et quand cette histoire se dissout, il y a un sevrage, un sevrage cosmique. Vous voyez, l’illumination n’est pas une question de trouver la lumière. C’est perdre l’illusion que vous étiez jamais dans l’obscurité. Mais quand l’illusion s’effondre, votre confort aussi. Parce que maintenant, vous êtes nu, et il n’y a plus rien à quoi vous accrocher. C’est la nuit obscure de l’âme dont parlaient les mystiques. Pas une phrase poétique, mais une véritable expérience d’être mis à nu.

    Beaucoup de ceux qui empruntent le chemin spirituel atteignent ce stade et font demi-tour. Effrayés par l’immensité de ce qu’ils ont découvert, ils disent : « Je n’ai pas signé pour ça. Je voulais la paix, pas l’anéantissement. » Mais voyez-vous, la paix ne se trouve pas en s’accrochant à la lumière. Elle se trouve en embrassant le tout, la lumière et l’obscurité, le sacré et le profane, l’ego et l’infini. Car le divin inclut tout, même l’illusion de la séparation. Quand j’étais plus jeune, je pensais que l’illumination ferait de moi une meilleure personne, plus gentille, plus douce, plus patiente. Mais avec le temps, j’ai vu que l’éveil ne fait de vous rien. Il révèle simplement ce qui était déjà là, sous les couches de prétention. Parfois, cette révélation est radieuse. Parfois, elle est brutale, car vous voyez tout ce que vous avez caché de vous-même. Et c’est le moment crucial, le moment de l’intégration.

    Si vous rejetez ce que vous voyez, si vous vous détournez de l’obscurité en vous, vous ne ferez que reconstruire l’ego. Mais cette fois, il se dira illuminé. L’ego adore les étiquettes. Il veut être l’éveillé, le guérisseur, l’enseignant. Il veut être à un niveau supérieur aux autres. Et c’est parfaitement acceptable, tant que vous percez à jour le jeu. Le truc est de danser avec l’ego, pas de le détruire. Mais quand vous essayez de tuer l’ego, qui est-ce qui fait le meurtre ? Un autre ego, le serpent qui se mord la queue. Alors, plutôt que d’essayer d’éliminer l’ego, apprenez à en rire. Quand vous le voyez jouer à se déguiser en spirituel, souriez simplement. Vous l’avez démasqué. Parce que dès l’instant où vous le démasquez, vous le désarmez. Vous reconnaissez que l’ego n’est qu’une vague à la surface de la conscience. Et vous, mon ami, êtes l’océan.

    Vous pouvez avoir autant de vagues que vous voulez. Colère, joie, jalousie, félicité, mais aucune d’elles ne change ce que vous êtes vraiment. Elles montent et retombent, mais l’eau demeure. La dernière résistance de l’ego est de dire : « Ah, je vois maintenant. Je suis celui qui a transcendé l’ego. » Mais dans cette phrase même, l’illusion recommence. Ainsi, l’éveil n’est pas quelque chose que vous accomplissez. C’est ce qui reste lorsque l’accomplissement s’arrête. Alors, quand vous commencez à voir à travers vos propres ambitions spirituelles, ne désespérez pas. C’est le début du véritable éveil, car la lumière que vous poursuiviez n’était jamais là dehors. C’était la conscience même qui vous regardait poursuivre. Et cette conscience a toujours été chez elle.

    Quand vous cessez enfin d’essayer de vous éveiller, l’éveil se produit, comme essayer de s’endormir. Plus vous faites d’efforts, plus vous restez éveillé. Et puis, quand vous laissez simplement aller, le sommeil vous emporte. Vous ne le forcez jamais. Vous vous abandonnez. Il en va de même pour l’illumination. Dès l’instant où vous cessez de la saisir, elle se déploie naturellement. Mais parce que l’ego est subtil, il dit : « Ah, je vois. Si je prétends lâcher prise, alors je l’obtiendrai enfin. » Et ainsi, le jeu continue. L’ego ne s’arrête jamais de jouer. La clé n’est pas d’arrêter le jeu, mais de le voir pour ce qu’il est, un jeu divin, une leela, comme le diraient les hindous. La vie n’est pas un problème à résoudre, mais un jeu à jouer, une chanson à chanter.

    Quand vous vous éveillez véritablement, vous réalisez qu’il n’y avait jamais rien de mal avec vous pour commencer. Vous étiez toujours le danseur et la danse, la vague et la mer. Mais pour atteindre cette clarté, il faut passer par la confusion. Car la lumière n’a de sens qu’en contraste avec l’obscurité. Le cosmos respire à travers les opposés. Quand l’obscurité arrive, quand vous vous sentez perdu, seul, dénué de sens, ne prenez pas cela pour un échec. C’est la grâce déguisée. Vous êtes vidé, nettoyé, préparé à voir sans distorsion. C’est inconfortable, car votre identité se dissout. Celui qui pensait pouvoir contrôler le spectacle est doucement retiré de la scène. Et oui, l’ego crie alors qu’il est escorté au loin. Il hurle : « Tu te perds toi-même. » Mais ce qui se passe réellement, c’est un retour. Vous ne perdez pas le soi. Vous perdez le faux soi qui n’a jamais été vous.

    Vous voyez, l’éveil n’est pas une question d’ajouter quelque chose à votre vie. Pas de nouvelles connaissances, pas de nouveaux pouvoirs, pas de nouvelles philosophies. C’est une question de soustraction. Une à une, les masques tombent. La persona spirituelle astucieuse, le chercheur, la victime, le saint, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la présence. Et cette présence est ce que vous êtes vraiment. Pas quelque chose de lointain, pas quelque chose à accomplir, mais ceci, la conscience même qui entend ces mots en ce moment. C’est tout. Le témoin éternel derrière toute expérience, le calme dans le bruit, le silence sous le son.

    Quand vous réalisez cela, un grand rire suit souvent, car vous voyez à quel point vous preniez le jeu au sérieux. Vous voyez avec quelle ardeur vous essayiez d’arriver quelque part alors qu’il n’y avait nulle part où aller. Vous étiez déjà chez vous. Le chercheur et le recherché étaient la même chose. Et c’est alors que l’ego abandonne enfin. Pas parce qu’il a été vaincu, mais parce qu’il a été vu à travers. Vous ne pouvez pas combattre l’illusion. Vous ne pouvez que la voir clairement. Quand vous le faites, elle se dissout simplement, comme un mirage qui s’évanouit à mesure que vous vous en approchez.

    Certains demandent : si tout est un, pourquoi souffrons-nous encore ? C’est la question la plus délicate de toutes. Parce que, voyez-vous, la souffrance fait partie du jeu. Sans elle, il n’y aurait ni compassion, ni profondeur, ni art. Le divin voulait faire l’expérience de lui-même sous toutes ses formes. De l’extase au désespoir, de la naissance à la mort. Alors, il est devenu vous et moi et chaque âme tremblante qui se demande quel est le sens de tout cela. Et le sens est celui-ci : expérimenter, goûter à lui-même à travers le contraste, oublier pour pouvoir se souvenir à nouveau. Pensez-y comme à un jeu de cache-cache. Dieu se cache en vous, prétendant être perdu, prétendant être séparé. Et puis un jour, surprise, vous vous trouvez. Vous vous exclamez : « Oh, c’était moi tout ce temps. » C’est l’éveil.

    Mais ce n’est pas la fin. C’est le début de jouer consciemment. Maintenant, vous pouvez profiter du jeu, car vous ne le prenez plus pour une tragédie. Vous pouvez pleurer, rire, échouer, réussir, aimer et perdre. Tout cela avec une sorte de liberté, car vous savez que rien de tout cela ne vous définit. Vous êtes l’espace dans lequel tout cela se produit. Ainsi, le côté obscur de l’éveil n’est pas vraiment obscur. Il ne semble l’être qu’à l’esprit qui s’accroche encore au contrôle. Quand vous voyez que l’obscurité est simplement l’autre face de la lumière, la peur se dissout. Vous commencez à faire confiance au déroulement. Vous cessez d’essayer de forcer la vie à prendre une forme. Vous permettez aux saisons de l’âme de tourner naturellement. Les étés de clarté, les hivers de confusion, tous faisant partie d’un grand rythme. Et dans ce rythme, vous trouvez la paix. Pas la paix de l’évasion, mais la paix de la participation.

    Vous pourriez demander : « Mais que fais-je avec cette compréhension ? » La réponse, bien sûr, est rien. Vous n’avez rien à faire. Vous remarquez simplement. Vous observez l’émergence et la disparition des pensées, des émotions, de l’identité. Vous cessez d’interférer. Vous laissez la conscience être consciente d’elle-même. Et dans cette observation sans effort, la transformation se produit d’elle-même. Comme la glace fond au soleil, les illusions se dissolvent dans la chaleur de l’attention. Vous ne réparez pas le faux soi. Vous le percez à jour. Vous laissez le regard faire le travail.

    En Orient, on dit qu’avant l’illumination, vous coupez du bois et portez de l’eau. Après l’illumination, vous coupez du bois et portez de l’eau. La différence est que maintenant, vous ne prétendez plus être celui qui le fait. Le bois a encore besoin d’être coupé. L’eau a encore besoin d’être portée, mais le faiseur a disparu. La vie se vit à travers vous. L’éveil n’est pas une question de flotter au-dessus du monde dans une auréole de félicité. Il s’agit d’être pleinement ici, lavant la vaisselle, riant, faisant l’amour, pleurant, et voyant tout cela comme sacré. Rien n’est exclu.

    Quand vous atteignez ce point, la spiritualité perd son caractère particulier. Vous cessez de courir après des extases mystiques. Vous cessez de vous vanter de visions et d’expériences, car vous voyez que la chose la plus ordinaire – une tasse de thé, un souffle de vent – devient totalement divine. L’extraordinaire se cache dans l’ordinaire. Et puis, vous réalisez quelque chose d’étonnant. Il ne s’agissait jamais d’éveil du tout. Il s’agissait de se souvenir comment être simplement ceci, maintenant. Le reste n’était qu’une histoire que vous vous racontiez pour retrouver votre chemin ici.

    Le dernier tour de l’ego est alors de dire : je dois m’accrocher à cette compréhension. Mais la conscience n’a pas besoin de détenteur. Elle se soutient elle-même. Dès l’instant où vous essayez de préserver l’illumination, elle vous échappe, car vous en avez fait un autre objet. L’illumination ne peut être possédée. Elle ne peut qu’être vécue. Alors, vivez, riez, dansez à travers le mystère. Quand vous faites une erreur, inclinez-vous devant elle. Quand vous souffrez, inspirez-la. Quand vous aimez, aimez pleinement. C’est le véritable éveil. La capacité d’être totalement humain sans résistance.

    Et quand vous regarderez en arrière, vous verrez que rien n’a été gaspillé. Chaque chagrin, chaque doute, chaque nuit passée à regarder dans l’abîme faisait partie du voyage vers la maison. Même l’ego, pauvre bougre, servait un dessein divin. C’était la friction qui faisait briller la flamme plus fort. Alors, vous pouvez le remercier. Vous pouvez dire : « Ah, tu as fait de ton mieux, mon vieil ami. Tu m’as gardé en sécurité jusqu’à ce que je sois prêt à me réveiller. » Et dans cette gratitude, l’ego se relâche. Il n’a plus besoin de se battre.

    Ainsi, vous voilà, ni illuminé, ni non illuminé, juste ici, respirant, écoutant, étant. Il n’y a plus de but, car il n’y en a jamais eu au départ. Il n’y a que ce moment éternel qui se déploie sans fin, sans effort. Vous voyez, l’univers n’est pas un problème à résoudre, mais une danse à savourer. Vous n’êtes pas une erreur. Vous êtes la musique elle-même. Et chaque note, même les dissonantes, est nécessaire à la chanson. Si vous vous trouvez perdu sur le chemin, souriez. Vous êtes exactement là où vous devez être. Ne vous précipitez pas pour échapper à l’obscurité. Explorez-la. Ne vous précipitez pas pour détruire l’ego. Comprenez-le, car plus vous résistez, plus il s’accroche. Mais quand vous le regardez avec les yeux de l’amour, il relâche son emprise. Et puis un jour, tout à fait inattendu, vous rirez, car vous verrez que tout ce temps, il n’y avait pas de « vous » à éveiller. Seulement la vie qui s’éveille à elle-même encore et encore. »

    English version: https://youtu.be/xo7T5XjEM2g

    Transcription traduite et partagée par la Presse Galactique